Clin d'Oeil

Paris Photo 2016

Difficile de se frayer un chemin au milieu de la foule compacte et circulante à Disney land photo, euh Paris, euh Paris Photo… La chaleur est aussi au rendez-vous et on bataille avec notre fichue écharpe trainant par terre, manifestement décidée à ramasser toute la poussière. À l’inverse, l’attraction mythique a été un peu frileuse cette année en misant sur les grands classiques (Eugène Atget, Diane Arbus, Richard Avedon, etc.) et autres valeurs sûres ; côté photographes contemporains (Bernard Plossu, Jean-Marc Bustamante, Andreas Gursky…).

Les « autres », s’ils existent, passent plutôt inaperçus parmi les grands de la photographie et sont dissimulés au milieu d’un flux d’images aussi hémorragique qu’Instagram ou Pinterest. Quant à nous, on se fait bousculer dans les allées et on fustige sur des images de station- services un peu pâlottes qui tentent de concurrencer, ou pas, les classiques. Une rencontre se moque de nous à juste titre en nous demandant si « les motels, ça passe encore où ? ». Ça passe oui, s’il y a une écriture, un style, une idée et pas la simple volonté de faire une copie. Certes, il faut avouer que les mythes sont toujours autant distributeurs de claques visuelles mais en comparaison, certains travaux contemporains apparaissent un peu tristes, voire fades. On regrette donc un peu l’omniprésence des thèmes faciles, mais s’ils sont là c’est qu’ils sont vendeurs après tout.

Artsphalte, vue de l'espace de Danziger Gallery

Artsphalte, vue de l’espace de la Danziger Gallery

Artsphalte, vue de l'espace de Danziger Gallery

Artsphalte, vue de l’espace de la Danziger Gallery

Dès lors, quitte à ne pas prendre trop de risque, autant se pencher sur l’origine : le tournant des années 1970 et l’Amérique, afin de se retrouver face à un cocktail qui fonctionne parce qu’authentique dans chacun de ses ingrédients. Comme ces images exposées pour la première fois à Paris Photo (ouf) par la Danziger Gallery, laquelle propose des extraits de la série « RFK Funeral Train » par le photographe Paul Fusco attaché à Magnum, agence pouponnière des légendes.

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Paul Fusco

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Paul Fusco

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Paul Fusco

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Paul Fusco

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Paul Fusco

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Paul Fusco

Les coupes de cheveux et les vêtements portés par les personnages photographiés sont d’une autre époque. Ils ont tous le regard porté vers l’objectif, ils sont de toutes couleurs de peau et proviennent de toutes les classes sociales. Quel événement a donc pu réunir toutes ces personnes en offrant dans le même temps une si belle image de l’Amérique ? Le cercueil de Robert Francis Kennedy, alias Bobby -mort assassiné en juin 1968 alors qu’il était candidat aux élections présidentielles- est transporté dans un train de New-York à Washington où il rejoindra son frère, John Fitzgerald Kennedy. Paul Fusco est monté dans ce train armé d’une pelloch Kodachrome (décision étonnante pour l’époque) et a photographié les personnes venues rendre une dernière fois hommage. Le choix de se placer dans le train est astucieux car malgré le flou des images, le photographe se déplace en même temps que l’événement. Cela lui permet d’avoir un angle de vu inversé en photographiant ceux qui regardent le train mais il obtient également un témoignage sur la diversité du peuple américain démocrate. Des femmes au foyer, des maris, des fermiers, des citadins, des pauvres, des riches, des bonnes sœurs, prient, dressent le drapeau américain où font le salut militaire au passage du train funéraire. En fait, ces scènes nous apparaissent irréalistes et se confrontent amèrement au présent.

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Artsphalte

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Artsphalte

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Artsphalte

Paul Fusco,Untitled from the RFK Train 1968, printed in 2008, 27 x 18 inch impression cibachrome, Danziger Gallery, crédits photographiques Artsphalte

©ArtSphalte

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